Joseph BOUCHETTE


  

Arpenteur, officier de marine et de milice et auteur, né le 14 mai 1774 à Québec, fils aîné de Jean-Baptiste Bouchette et de Marie-Angélique Duhamel ; le 4 juillet 1797, il épousa à Montréal Adélaïde Chaboillez, fille de Charles-Jean-Baptiste Chaboillez, et ils eurent cinq enfants ; décédé le 8 avril 1841 à Montréal.

En 1814, le géographe et arpenteur général du Bas-Canada, Joseph Bouchette (1774-1844), lance le projet de publier une carte topographique des parties les mieux établies de la province, qui serait accompagnée d’une description géographique abrégée. Il vient d’être promu lieutenant-colonel dans l’armée et constate l’urgence de pouvoir disposer d’une bonne carte topographique en cas de guerre et aussi en vue du peuplement des cantons. Le projet se réalise l’année suivante à Londres, dans les deux langues. C’est dans ce contexte que la carte de William Henry (Sorel) s’est trouvée incluse dans son ouvrage Description topographique de la Province du Bas Canada: avec des remarques sur le Haut Canada et sur les relations des deux provinces avec les États Unis de l’Amérique, Londres, W. Faden, 1815, 729 p.

(NOTE: J’ai tiré le document qui suit de la transcription qu’a faite Azarie Couillard-Després, dans son ouvrage Histoire de Sorel, de ses origines à nos jours, pp. 270 et 271 de l’édition de 1926, du commentaire de Bouchette sur la ville de William Henry (Sorel).):

«La ville couvre environ 120 âcres de terrain, quoiqu’à présent le nombre de maisons n’excède guère 150, outre les magasins, les casernes et les bâtiments du gouvernement. Elle est bâtie sur un plan régulier, les rues se coupent à angles droits, et il y a au centre une place de 85 toises carrées. Les habitations sont en bois, bâties solidement,mais les églises, Protestante et Catholique, sont l’une et l’autre en pierre; il y a huit rues principales, qui, comme la ville elle-même,portent le nom des différentes branches de la famille royale; la population de la ville est de 1,500 âmes. Devant la ville, le rivage a de dix à douze pieds de hauteur, et il y a près de la pointe deux quais ou lieux de débarquement; la rivière a, à cet endroit, 125 toises de largeur, et deux brasses et demie de profondeur. Sur le rivage opposé, il y a des places commodes pour construire des vaisseaux, et où l’on en a construit d’un port considérable… A peu de distance d’un petit ruisseau au sud de la ville, il y a une redoute et un hôpital, et un peu plus loin un beau bâtiment en bois, avec des appentis, des jardins, appelé la Maison du gouvernement. Il sert de résidence au commandant des troupes stationnées dans cette ville, et qui forment ordinairement une ou deux compagnies d’infanterie. Au sud-est de la ville, il y a un terrain élevé, où l’on a eu autrefois intention d’élever quelques ouvrages militaires solides, mais jusqu’ici de légers ouvrages en terre sont les seules défenses qu’on y ait construites… Il s’y fait quelque commerce, mais non pas autant que l’on croirait et que l’exigerait sa situation à la jonction de deux rivières navigables: le commerce du bois de construction, l’exportation du grain de cette partie du pays,et le commerce entre les états Américains pourraient être portés à une grande étendue, et à ce qu’il paraît, produire des avantages considérables. Depuis peu on a établi une poste régulière de William-Henry à St-Jean, par laquelle les voyageurs qui vont de Québec aux nouveaux townships et dans les États-Unis, peuvent arriver promptement, et trouver toutes les commodités nécessaires, tant en chevaux qu’en voitures, à des prix fixés par le gouvernement de la province. Le Richelieu procurant une communication prompte et facile, du territoire Américain jusqu’au centre de la province, mérite l’attention sous plus d’un point de vue…» (Voir la carte de Bouchette de 1815 agrandie)

SOURCES : Extraits d’un texte de Claude Boudreau et Pierre Lépine, dans le Dictionnaire biographique du Canada — Le texte intégral de l’ouvrage de Joseph Bouchette, Description topographique de la province du Bas-Canada… est disponible en ligne sur le site-portail Notre mémoire en ligne (Early Canada Online) — Azarie Couillard-Després Histoire de Sorel (1926)