Auteure, née le 11 juillet 1746 dans le Brandebourg (République démocratique allemande), fille de Hans Jürgen Detloff von Massow, lieutenant général dans l’armée prussienne et commissaire en chef sous Frédéric II, roi de Prusse, et d’une dénommée von Crause ; décédée le 20 mai 1808 à Berlin et ensevelie dans le caveau de la famille Riedesel, à Lauterbach (République fédérale d’Allemagne).
Ensemble, les époux Riedesel auront neuf enfants: Christian, Charles, Louis, Ferdinand, Henry, William, Herman, Valentine, né à Berlin le 6 janvier 1766, mort le 2 février 1767; Phillippa, née le 29 mars 1770, morte le 2 février 1771; Augusta, née le 8 août 1771; Frederika, née le 12 mai 1774, mariée au conte Redeu, qui est morte en 1854; Caroline, née à Wulfenbüttel, en mars 1776; America, née à New-York le 7 mars 1780; Canada, née à Sorel (Canada) le premier novembre 1782, et qui n’a vécu que quelques semaines; Charlotte; George, mort le 4 août 1854.
L’aventure des époux Riedesel en Amérique mérite qu’on s’y attarde un peu, ne serais-ce que pour comprendre par quels détours ils se sont finalement retrouvés à Sorel, de la fin 1781 à l’été 1783, premiers locataires de la Maison des Gouverneurs, construite à leur intention par le gouverneur Frederick Haldimand.
En janvier 1776, Riedesel avait déjà, à 38 ans, atteint le grade de colonel. Quand, ce mois-là, la Grande-Bretagne conclut, avec le duché de Brunswick, un traité lui permettant d’engager des troupes pour combattre les colonies rebelles d’Amérique, il fut nommé commandant du premier contingent qui devait partir pour les colonies. Il quitta Wolfenbüttel le 22 février, et, cette nuit-là, il écrivit à Friederike : « Jamais je n’ai autant souffert qu’à mon départ, ce matin. Mon cœur était brisé, et eussé-je eu l’occasion de retourner en arrière, qui sait ce que j’aurais pu faire ! » Après avoir annoncé sa promotion au grade de major général, il ajoutait : « Et maintenant, ma chère madame la générale, prenez bien soin de vous, de façon que vous puissiez me rejoindre immédiatement après vos couches. » Friederike avait décidé d’accompagner son mari ; d’un caractère irrépressible, elle répliqua à sa mère qui lui avait formellement ordonné de rester à Wolfenbüttel : « Rester ici quand le meilleur et le plus tendre des maris m’a donné la permission de le suivre m’aurait été impossible. Le devoir, l’amour et ma conscience me l’interdisaient. Il est du devoir d’une épouse de tout oublier et de suivre son mari. »
L’arrivée des Riedesel en Amérique, à Québec d’abord…
Le 14 mai 1776, Friederike quittait donc le duché de Brunswick, accompagnée de ses trois filles âgées de quatre ans, deux ans et dix semaines. Dès son départ, Friederike commença de tenir un journal, dans lequel elle rapportait ses aventures et ses observations. Après une année frustrante d’attente en Angleterre, la famille s’embarqua pour Québec, où elle arriva tôt le matin du 10 juin 1777. Quand la nouvelle de l’arrivée de Friederike se répandit dans la ville, « tous les navires mouillant dans le port tirèrent du canon », et, à midi, on envoya, pour la chercher, une embarcation « montée par douze marins vêtus de blanc, coiffés d’un casque argenté et portant ceinture verte ».
Riedesel, qui avait été placé en garnison à Trois-Rivières, était déjà parti pour se joindre aux forces du major général John Burgoyne, afin de préparer une invasion des colonies américaines. Friederike se hâta de quitter Québec et rejoignit finalement son mari à Chambly, où ils passèrent deux jours ensemble à la mi-juin. Comme ils ne pouvaient pas beaucoup se voir, Riedesel étant occupé à travailler aux plans de la campagne prévue, Friederike s’installa à Trois-Rivières, où elle demeura deux mois.
En août 1777, Friederike prit ses enfants avec elle et rejoignit son mari au sein de l’expédition de Burgoyne, atteignant l’armée juste avant que les communications avec celle-ci fussent coupées par les Américains. Incidemment, environ 2 000 femmes accompagnèrent les troupes de Burgoyne à un moment ou l’autre. Friederike se trouva parmi un groupe de femmes d’officiers, qui suivaient à quelque distance derrière les premières lignes avancées.
Après la capitulation de Burgoyne ratifiée par l’accord de Saratoga, le 17 octobre 1777, Friederike et ses enfants accompagnèrent Riedesel dans sa captivité. Pendant une année, ils vécurent à Cambridge, au Massachusetts, confortablement et « tout à fait heureux ». En novembre 1778, ils reçurent l’ordre de partir pour la Virginie ; en route, ils rencontrèrent le marquis de La Fayette, avec qui ils dînèrent. Friederike lui reprocha franchement son ingratitude quand il admit avoir été l’objet d’aimables attentions de la part du roi George III, au cours d’un voyage en Angleterre qu’il avait fait peu de temps auparavant. Après un voyage difficile, les Riedesel s’installèrent à Charlottesville, en Virginie, où ils se lièrent d’une étroite amitié avec Thomas Jefferson. Riedesel fut libéré sur parole à l’été de 1779, et la famille partit pour New York. Le 25 octobre, une autre fille leur était née, baptisée America. Près d’une année plus tard, Riedesel fut échangé et reprit du service actif comme commandant de Long Island (New-York).
Les Riedesel à Sorel
En juillet 1781, les Riedesel retournèrent dans la province de Québec. À Québec, Riedesel fut reçu par le gouverneur Haldimand, qui lui confia la charge du district de Sorel. (Pour plus d’informations à ce propos, se reférer à la fiche sur Fiedrich Adolphus von Riedesel.)
La baronne Riedesel est surtout connue pour le compte rendu de son expérience américaine (1776-1783), alors qu’elle accompagnait son mari dans sa mission. L’ouvrage qu’elle en a tiré a été publié en version originale allemande en 1800, puis maintes fois réédité. En 1965, Marvin Luther Brown Jr et Marta Huth en ont publié une traduction révisée, accompagnée d’une introduction et de notes, sous le titre: Baroness von Riedesel and the American revolution; journal and correspondence of a tour of duty, 1776-1783. (Chapel Hill, N. C., 1965)
SOURCES : Tiré d’un texte de Lorraine McMullen, dans le Dictionnaire biographique du Canada — Voir aussi, Mde de Riedesel, Letters and Memoirs relating to the Amerinan War of Independence and the capture of German Troops at Saratoga — Georges Monarque, Un général allemand au Canada: le baron Friedrich Adolphus von Riedesel, disponible en texte intégral sur le Web sur le site de la Bibliothèque Nationale du Québec.
Friederike Charlotte Louise von MASSOW
Auteure, née le 11 juillet 1746 dans le Brandebourg (République démocratique allemande), fille de Hans Jürgen Detloff von Massow, lieutenant général dans l’armée prussienne et commissaire en chef sous Frédéric II, roi de Prusse, et d’une dénommée von Crause ; décédée le 20 mai 1808 à Berlin et ensevelie dans le caveau de la famille Riedesel, à Lauterbach (République fédérale d’Allemagne).
Ensemble, les époux Riedesel auront neuf enfants: Christian, Charles, Louis, Ferdinand, Henry, William, Herman, Valentine, né à Berlin le 6 janvier 1766, mort le 2 février 1767; Phillippa, née le 29 mars 1770, morte le 2 février 1771; Augusta, née le 8 août 1771; Frederika, née le 12 mai 1774, mariée au conte Redeu, qui est morte en 1854; Caroline, née à Wulfenbüttel, en mars 1776; America, née à New-York le 7 mars 1780; Canada, née à Sorel (Canada) le premier novembre 1782, et qui n’a vécu que quelques semaines; Charlotte; George, mort le 4 août 1854.
L’aventure des époux Riedesel en Amérique mérite qu’on s’y attarde un peu, ne serais-ce que pour comprendre par quels détours ils se sont finalement retrouvés à Sorel, de la fin 1781 à l’été 1783, premiers locataires de la Maison des Gouverneurs, construite à leur intention par le gouverneur Frederick Haldimand.
En janvier 1776, Riedesel avait déjà, à 38 ans, atteint le grade de colonel. Quand, ce mois-là, la Grande-Bretagne conclut, avec le duché de Brunswick, un traité lui permettant d’engager des troupes pour combattre les colonies rebelles d’Amérique, il fut nommé commandant du premier contingent qui devait partir pour les colonies. Il quitta Wolfenbüttel le 22 février, et, cette nuit-là, il écrivit à Friederike : « Jamais je n’ai autant souffert qu’à mon départ, ce matin. Mon cœur était brisé, et eussé-je eu l’occasion de retourner en arrière, qui sait ce que j’aurais pu faire ! » Après avoir annoncé sa promotion au grade de major général, il ajoutait : « Et maintenant, ma chère madame la générale, prenez bien soin de vous, de façon que vous puissiez me rejoindre immédiatement après vos couches. » Friederike avait décidé d’accompagner son mari ; d’un caractère irrépressible, elle répliqua à sa mère qui lui avait formellement ordonné de rester à Wolfenbüttel : « Rester ici quand le meilleur et le plus tendre des maris m’a donné la permission de le suivre m’aurait été impossible. Le devoir, l’amour et ma conscience me l’interdisaient. Il est du devoir d’une épouse de tout oublier et de suivre son mari. »
L’arrivée des Riedesel en Amérique, à Québec d’abord…
Le 14 mai 1776, Friederike quittait donc le duché de Brunswick, accompagnée de ses trois filles âgées de quatre ans, deux ans et dix semaines. Dès son départ, Friederike commença de tenir un journal, dans lequel elle rapportait ses aventures et ses observations. Après une année frustrante d’attente en Angleterre, la famille s’embarqua pour Québec, où elle arriva tôt le matin du 10 juin 1777. Quand la nouvelle de l’arrivée de Friederike se répandit dans la ville, « tous les navires mouillant dans le port tirèrent du canon », et, à midi, on envoya, pour la chercher, une embarcation « montée par douze marins vêtus de blanc, coiffés d’un casque argenté et portant ceinture verte ».
Riedesel, qui avait été placé en garnison à Trois-Rivières, était déjà parti pour se joindre aux forces du major général John Burgoyne, afin de préparer une invasion des colonies américaines. Friederike se hâta de quitter Québec et rejoignit finalement son mari à Chambly, où ils passèrent deux jours ensemble à la mi-juin. Comme ils ne pouvaient pas beaucoup se voir, Riedesel étant occupé à travailler aux plans de la campagne prévue, Friederike s’installa à Trois-Rivières, où elle demeura deux mois.
En août 1777, Friederike prit ses enfants avec elle et rejoignit son mari au sein de l’expédition de Burgoyne, atteignant l’armée juste avant que les communications avec celle-ci fussent coupées par les Américains. Incidemment, environ 2 000 femmes accompagnèrent les troupes de Burgoyne à un moment ou l’autre. Friederike se trouva parmi un groupe de femmes d’officiers, qui suivaient à quelque distance derrière les premières lignes avancées.
Après la capitulation de Burgoyne ratifiée par l’accord de Saratoga, le 17 octobre 1777, Friederike et ses enfants accompagnèrent Riedesel dans sa captivité. Pendant une année, ils vécurent à Cambridge, au Massachusetts, confortablement et « tout à fait heureux ». En novembre 1778, ils reçurent l’ordre de partir pour la Virginie ; en route, ils rencontrèrent le marquis de La Fayette, avec qui ils dînèrent. Friederike lui reprocha franchement son ingratitude quand il admit avoir été l’objet d’aimables attentions de la part du roi George III, au cours d’un voyage en Angleterre qu’il avait fait peu de temps auparavant. Après un voyage difficile, les Riedesel s’installèrent à Charlottesville, en Virginie, où ils se lièrent d’une étroite amitié avec Thomas Jefferson. Riedesel fut libéré sur parole à l’été de 1779, et la famille partit pour New York. Le 25 octobre, une autre fille leur était née, baptisée America. Près d’une année plus tard, Riedesel fut échangé et reprit du service actif comme commandant de Long Island (New-York).
Les Riedesel à Sorel
En juillet 1781, les Riedesel retournèrent dans la province de Québec. À Québec, Riedesel fut reçu par le gouverneur Haldimand, qui lui confia la charge du district de Sorel. (Pour plus d’informations à ce propos, se reférer à la fiche sur Fiedrich Adolphus von Riedesel.)
La baronne Riedesel est surtout connue pour le compte rendu de son expérience américaine (1776-1783), alors qu’elle accompagnait son mari dans sa mission. L’ouvrage qu’elle en a tiré a été publié en version originale allemande en 1800, puis maintes fois réédité. En 1965, Marvin Luther Brown Jr et Marta Huth en ont publié une traduction révisée, accompagnée d’une introduction et de notes, sous le titre: Baroness von Riedesel and the American revolution; journal and correspondence of a tour of duty, 1776-1783. (Chapel Hill, N. C., 1965)
SOURCES : Tiré d’un texte de Lorraine McMullen, dans le Dictionnaire biographique du Canada — Voir aussi, Mde de Riedesel, Letters and Memoirs relating to the Amerinan War of Independence and the capture of German Troops at Saratoga — Georges Monarque, Un général allemand au Canada: le baron Friedrich Adolphus von Riedesel, disponible en texte intégral sur le Web sur le site de la Bibliothèque Nationale du Québec.