Élisée-Edward MALHIOT


  

Patriote et avocat, né à Saint-Pierre-les-Becquets (comté de Nicolet, Qué.) vers 1810 ou 1814 et décédé en août 1875 à L’Assomption (Assumption) dans l’Illinois.

Après l’échec, le 28 février 1838, d’une première tentative, les Patriotes avaient décidé de se regrouper au sein d’une société secrète : les frères-chasseurs. Malhiot devait y jouer un rôle important. Profitant de l’amnistie générale accordée par lord Durham [Lambton] le 28 juin 1839, il revenait à Montréal en août de la même année avec l’intention d’y rester. Il ne fut pas inquiété. Nommé Grand Aigle de l’Association des frères-chasseurs, il fit un travail de propagande remarquable dans la vallée du Richelieu. Circulant de paroisse en paroisse, le Commandant du Sud, comme il s’intitulait lui-même, fondait des loges, initiait de nouveaux adeptes et promettait des armes et des munitions pour le jour du soulèvement général. Ce jour-là, le 3 novembre, les Patriotes du Bas-Canada aidés par l’armée d’invasion dirigée par Nelson devaient lancer des attaques simultanées contre Saint-Jean, Chambly, Sorel et se diriger vers Montréal où les Patriotes se seraient soulevés. Sorel était l’objectif de Malhiot.

Le plan élaboré se solda par un échec total. Malhiot parvint à rassembler rapidement près de 300 hommes à Saint-Ours et se mit en route vers son objectif dans la nuit du 3 au 4 novembre. Apprenant que Nelson n’avait pas bougé de Napierville, il revint à Saint-Ours la même nuit. Il assista impuissant au départ de Nelson de Napierville, à sa défaite à Odelltown et à sa fuite aux États-Unis. Du 10 au 14 novembre avec environ 200 Patriotes, en possession de 3 canons et de plus d’une centaine de fusils, il établit un camp dans la montagne de Saint-Bruno-de-Montarville, bien décidé à résister. Peine perdue. Le 14 au matin, à l’approche des troupes régulières venant de Sorel, Malhiot, dont la tête était mise à prix, s’enfuit avec quelques compagnons. Ils franchirent la frontière après avoir erré deux semaines dans la forêt.

SOURCES : Tiré d’un texte de Yves Roby, dans le Dictionnaire biographique du Canada – Voir aussi le site Les Patriotes @ 1837-1838.